Se retrouver face aux falaises monumentales des gorges de Samaria, c’est accepter d’être minuscule, happé par la force brute d’un paysage que le temps n’a jamais dompté. Là, la Crète dévoile son visage le plus sauvage, entre chaos de pierres et éclats de lumière, pour offrir aux marcheurs bien plus qu’une simple randonnée.
Les merveilles naturelles des gorges de Samaria
Au cœur du massif des Lefka Ori, les gorges de Samaria s’étirent sur 16 kilomètres de paysages bruts, creusés dans la montagne crétoise. Ici, la nature ne fait pas dans la demi-mesure : reliefs spectaculaires, biodiversité foisonnante, et affluence qui, aux beaux jours, peut atteindre 2 000 randonneurs en quête d’évasion. De mai à octobre, le sentier révèle au fil des pas une mosaïque de contrastes.
Un écosystème unique
Le kri-kri, cette chèvre sauvage que l’on ne trouve nulle part ailleurs, incarne la singularité de l’écosystème local. Elle partage ce territoire préservé avec d’autres espèces rares, au sein d’une flore étonnante. Marcher ici, c’est s’immerger dans une Crète authentique, qui cultive sa différence jusque dans ses vallées les plus reculées.
Des sites historiques et culturels
Sur le parcours, plusieurs étapes invitent à ralentir le pas pour mieux saisir la mémoire du lieu :
- La chapelle d’Agios Nikolaos, discrètement posée au cœur de la gorge, invite à la contemplation.
- Le village abandonné de Samaria, vestige d’un autre temps, garde la trace des habitants partis et celle de la chapelle de sainte Marie d’Égypte.
- Les Portes de Fer, véritable goulet où les parois se resserrent à moins de trois mètres, marquent l’un des passages les plus impressionnants du parcours.
Un voyage inoubliable
Du départ à Xyloskalo, près d’Omalos, jusqu’au village côtier d’Agia Roumeli, la traversée impose son rythme. Pas d’accès routier à l’arrivée : seuls le ferry ou la marche permettent de quitter ce bout du monde. Entre les montagnes et la mer, chaque randonneur emporte avec lui un peu de cette splendeur intacte, à la mesure de l’effort accompli.
Planifier votre randonnée : conseils et infos pratiques
Préparation et équipement
Le sentier n’offre aucune concession : des chaussures solides et confortables sont indispensables pour affronter les pierres et les passages escarpés. Prévoyez suffisamment d’eau, car les points de ravitaillement se font rares. Le soleil crétois tape fort ; mieux vaut prévoir chapeau et crème solaire pour tenir la distance.
Accès et transport
L’aventure commence à Xyloskalo, non loin du village d’Omalos. Un bus depuis La Canée permet d’y accéder facilement. À l’arrivée, le village d’Agia Roumeli, uniquement desservi par la mer ou à pied, attend les marcheurs fatigués. Depuis ce port, un ferry vous ramènera vers Sougia ou Hora Sfakion, avant de retrouver le bus pour La Canée.
Conditions et sécurité
Avant de partir, vérifiez toujours la météo : en cas de pluie, certains passages deviennent glissants, voire dangereux. Le sentier est ouvert de mai à octobre, période où le climat offre les meilleures conditions, à condition de débuter tôt pour profiter de la fraîcheur et éviter la foule. Voici les principaux repères à garder en tête :
- Distance : 16 km
- Durée : entre 5 et 7 heures de marche
- Altitude : départ à 1 200 mètres, arrivée au niveau de la mer
Réservation et annulation
Pour plus de tranquillité, anticipez la réservation de vos billets de bus ou de ferry. Certains opérateurs proposent des conditions de modification flexibles, de quoi s’adapter aux imprévus sans stress. Ces précautions vous permettront de savourer pleinement chaque étape de la randonnée.
En route pour l’aventure
Départ et première étape
Le chemin débute à Xyloskalo, à 1 200 mètres d’altitude, dans les hauteurs du massif de Lefka Ori. Dès les premiers lacets, la descente plonge au cœur de la forêt, entre pins et cyprès. Les effluves boisées, le chant des oiseaux et l’ombre bienfaisante accompagnent les marcheurs, tandis que la faune et la flore endémiques veillent discrètement, témoins silencieux de ce passage humain.
Rencontres inattendues
Sur le sentier, le kri-kri peut surgir, agile et farouche, à flanc de falaise. Plus loin, le village abandonné de Samaria attend dans son écrin minéral : la chapelle dédiée à sainte Marie d’Égypte y résiste au temps, rappelant l’histoire d’une communauté qui a vécu là, isolée du reste de l’île.
Passage des Portes de Fer
Arrive le moment du passage le plus marquant : les Portes de Fer. Entre ces parois resserrées, la gorge semble refermer ses bras sur le randonneur. L’impression d’entrer dans une dimension où la pierre, la lumière et l’eau imposent leur loi se fait intense. Ici, la nature tient à rappeler qu’elle reste souveraine.
Arrivée à Agia Roumeli
Après des heures d’effort, le bleu de la mer apparaît enfin à l’horizon. Agia Roumeli offre une halte bien méritée : baignade, repas crétois, et le sentiment d’avoir touché du doigt quelque chose de rare. Quitter les gorges de Samaria, c’est emporter avec soi la mémoire d’un défi relevé et la promesse d’un retour à une nature que rien n’a altérée. Qui sait, la prochaine fois, ce sera peut-être le kri-kri qui viendra vous observer, du haut de sa falaise.


