Personne ne s’attend à ce que les Maldives, derrière leurs lagons turquoise et leurs plages de carte postale, cachent une réalité architecturale tout aussi singulière. Ici, loin des clichés de bungalows sur pilotis réservés aux touristes, la vie quotidienne s’abrite sous des toits de tôle et derrière des murs de brique. La majorité des foyers maldiviens affiche une construction robuste, souvent enduite, surmontée de cette fameuse tôle galvanisée qui claque sous le soleil.
Sur certaines îles, cependant, quelques habitations rappellent encore les anciennes manières de vivre. Les familles les plus modestes se retrouvent parfois dans des maisons de paille et de bâtons, vestiges d’une époque où chaque ressource locale était exploitée jusqu’à la dernière fibre. La structure traditionnelle, nommée Odi Haruge, ressemble à une cabane tressée à partir de feuilles de palmier et d’épines : un abri simple, mais ingénieux. Même si ces habitations se font rares aujourd’hui, il subsiste sur certaines îles des Maldives des traces de ces Haruge, mémoire vivante d’un mode de vie autrefois généralisé.
Un détail frappe immédiatement l’observateur qui s’intéresse à la vie sur l’archipel : la façon dont chaque maison porte un nom propre. Sur ces 1200 îles que compte le territoire maldivien, 200 sont habitées. Sur chacune, les habitants identifient leur maison non par un numéro ou un code postal, mais par un nom unique, tradition qui perdure de génération en génération. Le même nom peut réapparaître sur des îles différentes, mais jamais sur la même île. À Malé, la capitale, des initiatives récentes ont tenté d’introduire des codes postaux par blocs d’habitations, mais la singularité des noms persiste. Parmi les exemples célèbres, Theemuge (l’ancien palais présidentiel) ou Muliaage (la résidence officielle). On remarque vite la terminaison « ge », qui signifie tout simplement « maison » en dhivehi, la langue locale.
Le paysage urbain conserve encore quelques exemples de maisons de corail, héritage d’une époque où les blocs récifaux servaient de matériau de construction principal. Aujourd’hui, cette pratique a disparu : la protection des coraux est devenue un impératif, et toute nouvelle construction de ce type est strictement proscrite.
Cap sur Malé, cœur battant des Maldives. Cette île minuscule concentre une population de plus de 133 000 habitants sur moins de six kilomètres carrés, faisant d’elle l’une des villes les plus densément peuplées au monde. Autrefois, Malé était le siège du pouvoir royal, théâtre où se succédaient les dynasties et où se dressaient palais et forteresses. La ville portait alors le nom de Mahal. Les fortifications, doroshi, et les imposantes tours, Kotte et Buruzu, ont disparu lors des grands travaux ordonnés après la fin de la monarchie en 1968, sous le président Ibrahim Nasir. Le visage de Malé a changé radicalement ces dernières décennies : grâce au remblayage, la capitale s’est agrandie et son horizon est aujourd’hui dominé par des tours d’habitation et des immeubles de bureaux, contrastant avec le reste de l’archipel.
Sources images : Maldives – à la carte, visite de MV, visite aux Maldives, voyage infini, une dame à Londres, aventures d’une Anette, collectif de jeu de Copenhague, Shivaji 2016, courrier quotidien.
















